Histoire de la pauvre veuve, l’interprétation fait peau neuve.

J’ai toujours interprété ce passage comme on me l’avait enseigné. Après de longues années et surtout après l’avoir moi-même étudié de près mon interprétation fait peau neuve. Commençons par l’essentiel :

  1. Ils m’ont dit : la pauvre veuve a obéi au Seigneur.                                                             Réponse : Faire fi du contexte ? Sous aucun prétexte

L’histoire de la veuve ne commence pas au verset 41 de Marc 12 ou à Luc 21 mais dans les versets plus haut.

Le contexte structurel que Jésus souligne avant l’arrivée de la veuve n’est pas des plus lumineux. Bien au contraire. Avant que la veuve n’entre en scène, Jésus dresse un énième portrait peu flatteur des scribes à tendance pharisienne. Jésus a sans cesse rappelé l’hypocrisie de ces spécialistes des Ecritures. Dans ce passage, il lève encore une fois le voile sur la corruption du système qu’ils ont mis en place. Au lieu d’aider les veuves dans le besoin, les responsables religieux leur volent tout. Le mot choisi ici par les traducteurs est très violent : « dévorer ».  Avides de biens et de pouvoir, ils ne laissent absolument rien aux pauvres veuves. Ce verbe (dévorer) est employé pour souligner les intentions du diable dans 1 Pierre 5 : 8. ( le lion rugissant cherchant qui dévorer). Le Sauveur nous affirme dans Jean 10 :10  « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance.11Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis… » Nous constatons aujourd’hui que la tendance est souvent inversée : ce sont les brebis qui donnent leur vie pour ceux qui sont sensés être les bergers.  La société des scribes ressemblent à celle que Dieu critiquait déjà dans l’ancien testament. Voici une partie de ce qu’il reprochait aux juges dans Esaïe 10:2 ” Ils écartent ainsi la revendication des faibles, et privent de leurs droits les pauvres de mon peuple. Ils font des veuves leur proie et dépouillent les orphelins.”                                                                       

C’est donc dans un contexte d’invalidation des chefs religieux que va prendre place l’épisode de la veuve et cela a son importance. C’est une indication précieuse que cette femme croyait obéïr à Dieu, mais qu’en réalité elle obéïssait à ce que les chefs religieux lui avait fait croire de Lui, après avoir tordu le sens des écritures qu’ils connaissaient pourtant si bien.

Leçon une : Le Seigneur ne dépouille jamais le pauvre.

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