Le pasteur, la verge et l’orphelin.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis à la fin des années 90.

Il est 23 h 10 quand le révérend évangélique William T lance sa Ford Ranger 1 flambant neuve à l’assaut des routes enneigées de l’Iowa. Il est dans l’ensemble satisfait des dix jours passés à sillonner le pays pour promouvoir ‘L’art perdu de la fessée’, son dernier ouvrage ; un best-seller qui, comme toute publication, ne fait pas l’unanimité. Il ne peut s’empêcher de revivre l’étape la plus crispante de sa tournée : son passage dans l’émission du pasteur Masha L.

-Pasteur T, Votre crédo est bien ‘Enseigner aux parents à battre les enfants avec amour’. Je ne me trompe pas ? ‘Battre les enfants avec amour’ , quelle figure de style cette expression est-elle sensée évoquer en nous ?

-Madame, l’heure n’est pas à la raillerie. Proverbe 22 :15 (la folie est attachée au cœur de l’enfant ; La verge de la correction l’éloignera de lui) est la base d’une éducation réussie. Ne vous en déplaise, quand bien même vous en feriez un malaise, la Bible est vérité et il y a une vertu dans la fessée.

-Pasteur T, vous avez, il me semble, la maîtrise de votre propre vérité. L’intelligence divine devrait vous dissuader de la rajouter à la maltraitance que subissent les enfants dans ce monde et plus particulièrement chez les dits chrétiens.

-Madame, si vous aviez lu mon livre en l’ouvrant, vous auriez remarqué que les techniques spirituelles et matérielles de fessée que j’ai élaborées servent justement à éviter les abus et les dérives que vous semblez évoquer.

-Pasteur T, si vous lisiez votre Bible avec le cœur ouvert, vous sauriez que Jésus ne peut pas cautionner la fessée, car il est amour.

Celle-là, il ne l’avait pas vu venir : le sommet de la platitude féminine.

Il avait quitté les antennes de « Sword Radio » sans avoir réussi à appeler une seule fois Masha L « pasteur ». Une femme qui enseigne la Parole, voici selon lui le comble de l’incurie masculine.

Un jingle de transition retentit : ‘chers auditeurs, c’est l’heure de votre enseignement de minuit avec Le pasteur Masha L.’

-Pastorette oui ! Peste le révérend en se penchant pour éteindre la voix de la niaiserie féminine.

Au même moment, l’inattendu se produit : un animal traverse la route. Mr T braque pour l’éviter, la voiture glisse et échappe à son contrôle. Elle dérape et tourne sept fois sur elle-même avant de s’immobiliser, comme sur ordre, en bordure de route. Dix tentatives de redémarrage infructueuses obligent le conducteur à sortir jouer au mécanicien sous le froid glacial.

-Je n’ai pas d’autre choix que d’aller chercher du secours, constate-t-il impuissant devant le capot ouvert.

Sa lampe torche à la main, il se lance à la recherche d’une maison avec des propriétaires assez inconscients pour ouvrir à un inconnu, minuit passée. Un craquement se fait entendre, puis deux. Un gémissement rauque lui parvient, puis deux. Alors seulement, l’homme de Dieu réalise qu’il se trouve sur la Stony Hollow Road. Sa voiture est tombée en panne sur un des célèbres lieux hantés de l’état de l’Iowa.  Connaissez-vous la peur, cette agonie qui vous pénètre sans votre consentement ? Il la sent effleurer son corps. Ses membres frémissent sous ses caresses gênantes mais irrésistibles. Les pas et les gémissements se rapprochent, et Mr. T, qui s’est toujours cru brave et spirituel, escorte un corps se dérobant au courage à une vitesse presque irréelle. Désormais réfugié dans sa voiture qu’il essaie en vain de faire démarrer, il se remémore cette histoire oubliée que petit il avait maintes fois entendue.ghost-1661252_1920

La légende dit qu’au siècle dernier, une certaine Lucinda avait rendez-vous avec son fiancé sur ce lieu. Elle était venue, elle avait attendu et il ne s’était pas présenté. L’amoureuse désenchantée avait cru bon de se jeter du haut d’une colline. Son fantôme hanterait les lieux depuis. Dites son prénom à trois reprises et elle vous apparaît.

-Au nom de Jésus, esprit de Lucinda je te chasse, va au loin, disparais je te l’ordonne, assène le pasteur encore et encore.

Soudain, surgit des bois un être longiligne et squelettique à l’interminable chevelure rousse. Nuit noire, pleine lune, esprit féminin, robe blanche ensanglantée, le plateau est dès lors prêt pour le tournage de ‘Nuit d’horreur sur la neige endormie’.

-Lucinda ? S’étrangle l’homme. Mais je ne l’ai pas appelée, je ne l’ai pas appelée, pas même une fois.

Bien sûr qu’il l’avait appelée, plus d’une fois, et même trois fois. Mais prière et maths ne font pas bon ménage.  Lucinda se dirige vers lui, fébrilement, assurément. Elle plaque ses deux mains et sa tête éclatée sur le pare-brise de la voiture en panne. Sa bouche d’où coule la bave et le sang s’élargit. Grondements effrayants, incantations diaboliques, mots de malédictions…rien de tout cela n’est déversé.

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-Au secours, il va me tuer. Aidez-moi.

C’est bafouillé, c’est murmuré, c’est étouffé. Ce qui ne parvient pas aux oreilles, les yeux peuvent l’entendre, il suffit d’avoir le cœur ouvert. Mr. T en a maintes fois fait l’expérience. Alors son âme s’affranchit, la peur peut aller voir ailleurs. Il ouvre sa portière afin de porter secours à la malheureuse.

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Un vrombissement lointain, puis une voiture de course s’impose au travers de la route. Elle libère un gringalet armé. Le nouveau venu se dirige directement vers la femme en détresse, la saisit par les cheveux, et lui tire une balle dans la tête. Elle exécute la danse de la mort par-dessus le capot et disparaît du champ de vision du pasteur. Le tueur s’avance et braque son arme sur William T. Il tire une fois. Deux fois. Trois fois. Quatre fois. Il s’énerve, puis allonge une flopée de jurons. Son arme, les femmes et le président en prennent pour leur grade.

– C’est une Bible là sur ton siège ?  Remarque t’il. Tu penses que Dieu vient de te sauver, n’est-ce pas ? J’ai juste oublié de recharger mon arme. Je vais retourner à ma voiture, nourrir ce pistolet, et revenir te buter. Je suis le bras de l’esprit de mort ce soir et, tu ne vivras pas de miracle.

Chacun accueille à sa façon la faucheuse quand elle se présente. William T. admet que c’est toujours perdu d’avance, et que la meilleure des choses à faire, c’est de se laisser faire.

-Il n’y avait plus de balle, continue le gringalet hystérique en pointant son arme sur sa propre tempe. Regarde, il n’y avait que dalle.

Le coup part. Le méchant s’effondre. L’esprit de mort, cet infâme traître, vient de s’arracher le bras. Ce n’est pas étonnant, il en a des millions d’autres à son service. Il faut quelques secondes au pasteur pour apprécier à sa juste valeur l’instant surréaliste qu’il vient de vivre.  Il sort de son véhicule et se précipite vers la voiture du défunt pour récupérer l’enfant pétrifié que l’on avait emprisonné à l’arrière. Il le porte à sa Ford Ranger.  Elle s’éloigne en abandonnant à la neige deux corps désormais vidés de leurs âmes. William T a vécu plus d’un miracle ce soir. Finalement, quand la faucheuse se présente, la meilleure des choses à faire n’est pas de se laisser faire : son patron peut changer son plan.

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Le garçon a dix ans et il s’appelle Dan. La veille, son père s’est tiré une balle dans la tête après avoir tué sa mère et, selon l’assistance sociale, il est désormais sans famille, aucune. Le malheur des enfants et tout ce qu’il y a dedans est insupportable au plus haut point. Le révérend et son épouse se sentent poussés par l’esprit à prier pour l’orphelin. Ils décident après une nuit d’intercession de le prendre chez eux. L’agrément de famille d’accueil leur est accordé en une semaine, quand son obtention, sans intervention divine, prend en général entre un et six mois.

Le couple pastoral est agréablement surpris. Le nouveau venu évolue tel un jeune page sage, à l’opposé des six vikings qu’ils ont conçus. Il ne se passe pas une semaine sans qu’un coup de fouet ne vienne calmer leurs ardeurs.

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Au bout de six mois de cohabitation avec Dan, la famille décide de l’adopter. Le petit orphelin devient officiellement le huitième enfant des T, deux ans après le décès de ses parents biologiques.

C’est là que les choses vont changer. Sitôt adopté, Dan se manifeste moins page, moins sage. Avait-il caché sa vraie nature dans le seul but d’échapper au destin misérable préparé d’avance pour les sans famille ? Qu’à cela ne tienne, l’information importante est celle-ci : il fait désormais autant de bêtises que ses frères, mais n’est jamais puni. Les vikings ne vont pas tarder à réclamer justice.

-Papa, pourquoi tu ne donnes jamais de fessée à Dan et que tu fais la guerre à nos popotins à nous ?

-Si vous savez que vous méritez vos fessées, répond leur père, qu’est-ce-que ça change pour vous qu’il en reçoive ou pas ?

Faire de l’esprit, rien de mieux quand on veut esquiver une question gênante. La vérité est que dans la vraie vie Mr. T a pitié de Dan. Une telle  faiblesse ne doit en aucun cas être révélée aux enfants, parce qu’ils pourraient avoir envie de l’exploiter. L’adopté avait vécu dès la naissance avec un père extrêmement violent. Il avait eu son lot de bastonnades et son nouveau papa ne se sentait pas la force d’en rajouter. Cette compassion inéquitable, ou peut être cette entorse à ses principes d’éducation, fait naturellement le lit des petits diablotins invisibles dont le but est de souffler à nos petits génies les idées de bêtises les plus ingénieuses. Et si tu coupais les moustaches du chat ? Et si tu faisais pipi dans la gourde d’eau de ton frère ? Et si tu disais à cette mariée trop joyeuse qu’elle a un visage de sorcière ? Et si tu informais ce prédicateur orgueilleux que son message était nul à c…

-Tu as entendu ce que Dan a dit ? S’étonne encore une fois un des frères. Et papa n’a rien dit.

-Et moi j’ai été puni pour avoir rapporté une BD non chrétienne à la maison, renseigne un autre.

Alors, arrive ce qui devait arriver : une convocation d’urgence à l’école au sujet d’un petit criminel qui sévissait dans l’établissement depuis deux journées. Il se dissimulait dans les toilettes des filles, et quand une dans le besoin soulevait son uniforme, il passait une espère de bâton souple à bout pointu par le bas de la porte surélevée, lui piquait les jambes et toute peau à nu, avant de prendre la fuite. On venait de mettre la main sur le malfaiteur, et Anita A. la directrice savoure l’instant.

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-Mr. T, vous êtes révérend, vous possédez un titre pompeux en éducation familiale, et vous n’enseignez pas à votre fils la révérence envers les femmes. Voilà où mène la misogynie religieuse. Honte à vous ! On parle de délinquance sexuelle !  Cette histoire ne s’arrêtera pas là, vous pouvez compter sur moi.

La directrice christianophobe en profite pour régler ses comptes, ça saute aux yeux. Le pasteur se sent néanmoins humilié, diminué, et il n’est pas sans crainte. Cet acte qualifié d’attentat à la pudeur peut mettre la famille dans de beaux draps : assistance sociale aux trousses, protection de l’enfance sortant les griffes, CIA tirant les ficelles, FBI révélant les dossiers de son père pédophile, le psychologue commis d’office le soupçonnant d’en être un, ses enfants placés, la peine de mort, la chaise électrique…On est aux USA, le pays de tous les possibles.

Une fois à la maison, il convoque Dan dans la chambre de punition. Les frères jubilent. A peine a-t-il son bâton de correction entre les mains qu’il se sent comme un tortionnaire. N’est pas roi qui veut. Et puis ce sentiment qu’il ne comprend pas refait surface, cette peur de ne pas être aimé par l’adopté qui, selon l’assistance sociale, éprouvait pour son père biologique une répulsion à la hauteur de la violence reçue.  Le petit voyeur s’en tire encore une fois avec quelques remontrances et un enseignement biblique sur la pudeur. Le père a rétrogradé. Les frères capitulent.

Un 31 octobre à presque minuit, le moteur de la Ford Ranger 1 vieillie s’assoupit devant la grande maison familiale des T.  Elle a trois ans et déjà 165.000 kilomètres au compteur. Le pasteur pense à la douceur de s’abandonner aux bras de Morphée sous la couette douillette et parfumée. Il faut vite oublier ce weekend éprouvant.  Un groupuscule de libertins protestataires avait plusieurs fois fait irruption au séminaire qu’il avait organisé dans son église en criant : « la fessée est un crime, les ‘fesseurs’ en prison ».

-Alors, une fessée au ‘fesseur’ ?

Le pasteur tressaillit légèrement. Un individu en tenue de clown l’attend devant la porte d’entrée. Il se donne un air effrayant avec sa tête baissée, légèrement penchée sur l’épaule, et son fouet balayant l’air.

-Vous êtes sans doute l’un des protestants du séminaire, pouffe Mr. T. Je suis épuisé et je n’ai ni l’envie ni le temps de jouer.

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-Qui vous a dit que nous voulions jouer ?

Le pasteur se retourne pour faire face à une figure nettement plus effrayante tenant une ceinture. Il se sent faiblir. Les deux clowns n’en sont pas dupes. Ils se mettent à sautiller, puis, tournant autour de leur proie, ils scandent « enlève ta culotte que l’on te fesse, enlève ta culotte que l’on te fesse ».  Mr. T n’a plus la possibilité de soupçonner un gag, il est gagné par la peur. Ces activistes anti-tout sont capables des pires saloperies ; Comme les anti-viande masqués qui avaient, le mois précédent, contraint l’éleveur du coin à avaler deux kg de viande crue. L’honneur et la responsabilité lui interdisent d’appeler au secours, sinon il réveillerait sa famille endormie, et les mettre en danger est la dernière chose qu’il a envie de faire. Une meilleure idée lui vient : s’évader, courir, se sauver. Vers l’infini ou plus près : la maison du voisin dans laquelle se tient actuellement une veillée de prière.

-Alors une fessée à la pioche ça vous dit ?

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Un autre individu a surgi des bois et interrompu la course à peine entamée. Les trois bouffons maléfiques, déterminés à exécuter leur plan, encerclent Mr. T en gazouillant : « ôte ta culotte que l’on te fesse, ôte ta culotte que l’on te fesse ». Quand on ne sait pas à quel saint se vouer, accepter son destin reste la meilleure des choses à faire.

-Je ne bouge plus, faites vite ce pour quoi vous êtes venus. Je l’accepte, mais ne comptez pas sur moi pour baisser le pantalon, leur cria l’homme de Dieu.

-Joyeux Halloween papa !

Le révérend n’en croit pas ses yeux.  Il découvre à l’intérieur des clowns ‘fesseurs’ les deux fils de 19 ans du voisin et le cerveau de la farce, son fils Dan lui-même. Cette fois les bornes ont été largement dépassées : participer à une fête satanique interdite dans la famille, sortir de la maison la nuit à l’insu de sa mère, et exposer son propre père à l’opprobre ; trois chefs d’accusation qui méritent punition.  Déterminé à calmer les petits diablotins invisibles qui ont soufflé à son fils cette idée nauséabonde, l’homme de Dieu traîne Dan jusque dans la chambre de discipline, ouvre le placard, prend la verge de correction, et s’applique à lui botter correctement les fesses. Les cris du bouffon déchirent le cœur de Jane T et de sa petite dernière.  Les six frères sont partagés entre ricanements moqueurs et ricanements nerveux. Le père de famille, quant à lui, fait face à un tout autre combat : la gestion d’émotions inconnues et inattendues. Il doute pour la première fois pendant qu’il sévit : est-il animé par l’amour ou par la rage ?  Après trente secondes qui correspondent à l’éternité pour un postérieur flagellé, le bourreau dépose les armes. Il ne ressent pas l’habituelle satisfaction du devoir accompli. Du soulagement ? Peut-être. De la honte ? Cela se pourrait.  Il s’effondre, vidé par ce trop-plein d’émotions ruisselant entre ses doigts. Le supplicié se relève, fixe le tortionnaire droit dans les yeux et se jette sur lui. Le papa a la peur de sa vie : ‘ça y est, c’est parti, il va me détester, ce que j’ai craint va m’arriver’ pense-t-il. Mais Dan va le dérouter une fois de plus.

-Oh merci papa, gémit le garçon fou de joie. Merci, hurle-t-il en lui offrant mille étreintes.  J’attendais cela depuis longtemps. Je sais maintenant que je suis l’un de tes fils, je suis ton fils.

Il claironne en courant à travers la maison.

-Je suis de la famille, j’ai eu ma fessée, youpi.  Je suis bien son fils, j’ai eu ma fessée, youpi.

Ses frères s’inquiètent pour sa santé mentale : quand eux font le tour de la maison en courant, c’est pour se refroidir le derrière endolori.

Jane T réunit sa petite famille autour d’un goûter de minuit improvisé. Pourquoi user de torture quand avec une glace et une galette on peut obtenir le résultat attendu ? Passez donc le message aux services secrets. Dan dévoile les circonstances l’ayant poussé à surpasser les vikings dans ce que le monde adulte qualifie de bêtises.  Le dimanche avant son adoption officiel, son futur papa avait prêché sur Hébreux 12 :7 (quel est le fils qu’un père ne châtie pas ?). L’enfant avait retourné le sermon dans tous les sens pour en démêler un adage flambant neuf : ‘qui ne châtie pas bien n’aime pas bien’ ou ‘qui n’aime pas bien ne châtie pas bien’, il ne sait plus trop dans quel sens il l’avait saisi.  Ses frères fouettés et lui épargné, il ne lui en fallut pas plus pour douter de sa légitimité. « Cela veut dire que je reste un orphelin à ses yeux ? » « Alors il ne me voit pas pleinement comme un fils ? » Pour en avoir le cœur net, il ne trouva rien de mieux à faire que de repousser sans cesse les limites pour atteindre l’inconcevable.

-Je voulais qu’enfin tu me corriges comme un père corrige son fils, conclut-t-il sous les yeux médusés de sa fratrie.

Quand vous lisez que la folie est attachée au cœur de l’enfant, croyez-le, les diablotins invisibles n’y sont visiblement pour rien.

La confession de Dan ressemble à une prime divine accordé à Mr T pour bons résultats. Son esprit n’arrive pourtant pas à s’y faire. Toujours troublé, le père de famille tourne dans son lit, faisant du pied à Morphée qui refuse de lui accorder une seule seconde de sa paix. Il ignore à ce moment là que le petit matin lui apportera un cadeau divin. Il le déballera lors de sa méditation biblique. Il entendra cette vérité effrayante résonner dans son cœur : ses enfants se souviendront plus tard de son amour qu’à travers la loi du bâton de correction. Autant dire qu’il aura raté sa vie.

Depuis, les six vikings apprécient chaque jour le repos non mérité accordé à leurs postérieurs. Tous sont enchantés du retour de Dan au royaume des pages sages, qu’au fond il n’avait jamais quitté.

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Très peu d’hommes de Dieu ont le courage de corriger leur passé ou leurs erreurs de manière frontale. William T est d’une autre trempe. Le conférencier sillonne désormais les Etats-Unis pour déterrer toutes les graines qu’il a semé à travers le pays ; exercice périlleux et décrié par ses paires. Mais quand flanche son cœur et faiblissent ses jambes, il s’appuie sur sa verge de correction devenue depuis, bâton du berger.

Ami Rougé pour theamijournal.com

 

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(Matt 18:12-14) « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l’une d’elles s’égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s’est égarée ? Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. De même, ce n’est pas la volonté de votre Père qui est dans les cieux qu’il se perde un seul de ces petits.