De l’Islam au salut ou comment le Christ est venu à moi. Témoignage sans fard. Episode 1.

Un père musulman et une mère musulmane, eux-mêmes élevés par des parents musulmans : voici le foyer dans lequel Dieu m’a posée. Papa occupant un poste de direction clé dans une entreprise d’exploitation du café et du cacao, ma mère secrétaire de direction, on aurait dit que  j’ai grandi dans une famille de la classe moyenne si cela avait été en France. Mais la classe moyenne est une réalité occidentale et mon enfance s’est déroulée dans une autre réalité : celle de l’Afrique noire. Pour vous situer un peu sur mes conditions de vie : je n’ai jamais eu faim, j’ai  été dans des écoles privées dès la maternelle, j’allais en vacances en France, aux USA, et en Angleterre etc. Et je vivais dans une jolie maison dans le secteur d’un quartier qui à l’époque était loin d’être populaire…la guerre est passée par là et maintenant on ne peut pas faire plus populaire. Merci à mon père d’avoir été ce père méticuleux dont la rigueur en matière de finances nous saoulait. Mon enfance s’est déroulée paisible, sans abus sexuels, ni maltraitances physiques ou psychologiques. Ma mère savait manier la chicote comme personne, mais je n’ai jamais ressenti une seule fois un sentiment de maltraitance.

Mon père bien que fervent pratiquant, ne nous a jamais enseigné la religion, trop occupé à bâtir son empire immobilier, à travailler à ce que nous ne manquions de rien, ou peut-être croyait-il que l’initiation à la prière tombait du ciel. C’est maman qui a pris le temps de m’enseigner l’Islam et les prières musulmanes avant mon adolescence. Je me souviens de sa patience et de la joie qu’elle éprouvait à le faire. Et j’aimais cela. Dans ma maison, rien n’était imposé aux enfants en matière de foi. Alors mes trois grands frères vivaient leur vie comme des ‘sans religion’, se rappelant être musulmans que pendant  le mois de Ramadan et la fête de la Tabaski.

Dans le monde matériel tout allait bien dans ma vie, mais je vivais un drame spirituel dont personne ne se doutait. Ma mère en bonne femme musulmane sahélienne qui se respecte, avait fait des Imans, que dis-je des marabouts, ses meilleurs alliés. Leurs potions malodorantes et dégoûtantes ne manquaient jamais à la maison. On devait s’en badigeonner le corps assez régulièrement et les avaler d’un trait sans montrer notre envie de vomir. Elle voulait nous protéger des ennemis familiaux que lui inventaient sans honte ses nombreux médiums. Son désir était aussi que nous réussissions. Et selon elle, Dieu qui avait doté chacun de ses enfants d’une intelligence au-dessus de la moyenne n’était pas capable d’assumer jusqu’au bout. Bien que bonne élève au collège, j’ai quand même dû aller passer mon brevet avec un ‘stylo magique’ bleu sensé m’aider à réussir mon examen. Et bien que bonne élève, j’ai échoué au brevet. Ma mère a accueilli cette nouvelle avec un tranquille « Je le savais, le marabout Sacko avait dit que tu échouerais au Brevet »  « Eh maman, le stylo qu’il t’a donné était sensé servir à quoi alors ? »

Mais ce n’était pas cela le drame spirituel que je vivais. Ignorant à l’époque leurs véritables impacts dans le monde spirituel, les « marabouteries » de maman m’auraient même amusée si ces poisons, pardon potions, n’eussent été aussi crasseuses. Certaines étaient livrées dans des bidons de pétrole sans doute jamais rincés, à plus forte raison lavés. Imaginez un goût de pétrole mêlée à la saveur du miel. Oui, parce que le miel était un ingrédient indispensable…pour dissimuler la saveur du caca de bouc, peut-être. Appétissant n’est-ce pas ? J’espère que ces distributeurs de démons ont depuis fait l’effort d’améliorer leur packaging.

Des attaques nocturnes, tel était le drame que je vivais. Etaient-elles dû aux poisons magiques ? Qui sait ? En tout cas ils y allaient fort les assaillants. Mon premier souvenir de ces intrusions spirituelles remonte à l’âge de 3 ans. Je m’en souviens comme si c’était hier, alors que j’avais juste fini d’être un bébé. C’est mon plus ancien souvenir d’enfance, c’est dire ! Ensuite, j’ai dû accepter de longues années de présences oppressantes… toutes les nuits enfin presque. Ils déambulaient dans ma chambre, m’invitant à boire un coup au bar qu’ils avaient installés, à danser dans la boite de nuit improvisée près de mon lit. Mon « non » était gestuelle : je fermais les yeux et me couvrait la tête pour ne plus les voir, mais je ne pouvais m’empêcher de les voir. Quelques fois ils me chatouillaient au point où je voulais mourir, ils me frappaient, j’essayais de m’enfuir, ils me rattrapaient sur l’échelle du lit superposé…Est née une peur profonde de la tombée de la nuit, de l’extinction des lumières…Je rêvais même adolescente d’aller dormir avec ma mère. Je n’hésitais pas chaque fois que l’occasion se présentait. Que ce fut au pied de son lit ou dans son lit, je m’arrangeais à ce qu’une partie de mon corps soit en contact avec le sien et je dormais en paix. Alors j’avais peur que ma mère ne  meurt, peur que ma mère ne meurt, peur que ma mère ne meurt.  Toute mon enfance  et adolescence ont été marquées par la peur que ma mère ne meurt, et que le son de son souffle ne puisse plus jamais les chasser, ni me bercer…et elle est morte… cette année, le vendredi 07 avril 2020, pendant que Sir Covid 19 soumettait le monde entier…je n’étais plus une enfant…

C’est vers l’âge de 15 ans que j’ai ressenti le besoin de pratiquer ma religion de manière plus régulière et sérieuse. Je m’y suis mise à fond, priant, jeûnant, évitant le porc, achetant des livrets pour apprendre encore plus de prières musulmanes, et tout cela sans contrainte, mais avec une joie immense. J’étais fière d’apprendre à mes ignorantes d’amies qu’il y avait d’autres prières que Al Fatiha. !  Aucune attaque nocturne ne pouvait m’empêcher de suivre mon chemin de foi.  Et mon père a un jour dit à mes frères : « Vous ne voyez pas votre sœur comme elle prie, vous ne pouvez pas faire comme elle ? » Il avait remarqué…la reconnaissance de mon père…J’aurais dû la mettre dans une boite précieuse afin qu’elle ne disparaisse pas.  

Désolée mes frères chrétiens qui s’attendaient à ce que je leur fasse le coup des « versets sataniques », mais j’étais bien dans mon Islam, de ce que j’en savais à l’époque. Vous savez comment je défini ma conversion ? Comme cette femme  mariée et heureuse dans son foyer. Elle ne fait pas semblant et n’est plus à la recherche du bonheur. Un jour, arrive ce que son entourage ne pouvait pas imaginer, ce que son mari ne pouvait pas imaginer, ce qu’elle-même ne pouvait pas imaginer : une rencontre qui bouleverse sa vie, la pousse au doute qu’elle n’avait jamais ressenti. Un homme, un autre homme sorti de nulle part. Elle choisit de quitter son mari à la surprise générale.  Alors on lui prédit un avenir chaotique, la fin prématurée de son nouveau mariage. Et vous savez quoi ? C’est absurde, mais son nouveau mariage dure jusqu’à la mort.

 J’étais heureuse dans ma religion, et j’ignorais que le Christ m’attendait à l’autre bout du bonheur.

Prochain épisode : samedi soir.

Ami